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L'approche du

Tarot Transrationnel

Le Tarot Transrationnel, ou comment le symbole agit dans le réel.

« Le Tarot n'est pas un oracle qui prédit. C'est un langage qui révèle. »

Pour comprendre, une expérience vaut mille mots

Le plus souvent, lorsqu'on ressent le besoin de tirer les cartes, c'est qu'une tension nous habite ou qu'une recherche d'apaisement se fait sentir. Face à cette attente, la pratique classique de la voyance apporte souvent une réponse extérieure, parfois perçue comme un message figé ou un avertissement. Mais notre état émotionnel est une donnée essentielle : il teinte notre regard d'une subjectivité fondamentale. L'approche transrationnelle, inspirée des archétypes de Jung, choisit d'accueillir cette subjectivité plutôt que d'attendre une vérité transcendante. C'est un tout autre exercice que nous vous proposons ici. Expérimentons-le ensemble !

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ET SI LE TAROT N'ÉTAIT PAS CE QUE VOUS CROYEZ ?

Le mot Tarot déclenche souvent des images contradictoires. Pour les uns, une voyante derrière une boule de cristal, des cartes posées en silence, des prédictions murmurées sur l'amour ou la mort. Pour d'autres, un sourire entendu : superstition, folklore, vestige d'un autre âge. Pour quelques-uns enfin, l'intuition qu'une sagesse ancienne s'y cache, sans qu'on puisse tout à fait la nommer.

Ces trois réactions disent quelque chose de notre époque. Nous oscillons entre fascination et rejet, entre crédulité naïve et scepticisme désabusé — comme si la pensée moderne ne nous avait laissé que ces deux portes, et perdu en chemin la troisième : celle du symbolique.

Pourtant cette troisième voie existe. Elle intègre la raison sans renoncer au mystère. Elle prend le Tarot pour ce qu'il est vraiment : non pas un oracle qui enferme, mais une boussole qui ouvre.

Cette voie a un nom. Le transrationnel.

TROIS REGARDS POUR COMPRENDRE

Pour comprendre ce qu'est le transrationnel, prenons un exemple qui n'a rien à voir avec le Tarot — et qui pourtant dit tout. Le Père Noël.

Le pré-rationnel, c'est le regard de l'enfant. Le Père Noël existe. On l'attend, on lui écrit, on lui laisse du lait et des biscuits. Le merveilleux est vécu comme une évidence, sans distance critique. Pas besoin d'expliquer.

Le rationnel, c'est le regard de l'adulte qui sait. Le Père Noël n'existe pas. Un physicien a même calculé que pour livrer des milliards de cadeaux en une nuit, son traîneau devrait franchir la vitesse de la lumière, et la chaleur dégagée par le frottement transformerait la planète en boule de feu. Le mythe s'effondre. Affaire classée.

Le transrationnel, c'est un troisième regard, plus vaste. Il commence par accepter ce que la raison a établi : non, le Père Noël n'existe pas. Mais il ajoute aussitôt une question que la raison seule ne pose pas. Pourquoi, alors, chaque année, des millions d'adultes deviennent-ils ses lutins ? Pourquoi achètent-ils, emballent-ils, mentent-ils à leurs enfants pour préserver l'illusion ? Pourquoi cet archétype mobilise-t-il l'humanité entière chaque mois de décembre ?

Parce que le mythe agit dans le réel. Le Père Noël n'a pas besoin d'exister scientifiquement pour produire des effets concrets : amour, transmission, joie, lien. Il existe autrement — non pas comme un fait, mais comme une force.

Voilà exactement ce qu'est le Tarot. Pas un oracle qui prédit. Pas une superstition qu'on déconstruit. Un langage symbolique qui agit dans nos vies, parce qu'il mobilise nos archétypes intérieurs.

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LE TRANSRATIONNEL ?

Le philosophe Ken Wilber a nommé ce troisième regard. Et il a fait plus encore : il a identifié le piège dans lequel tombent ceux qui prétendent dépasser la raison sans l'avoir vraiment traversée. Wilber appelle cela la pre/trans fallacy*, la confusion entre le pré-rationnel et le trans-rationnel. Parce que ces deux états partagent un trait apparent — ils ne sont pas rationnels — on les confond. Mais l'un est en deçà de la raison, l'autre au-delà. L'enfant qui croit au Père Noël et le sage qui contemple le mystère ne sont pas dans la même région de l'esprit, même s'ils peuvent en avoir l'air à un œil pressé.

C'est précisément cette distinction qui protège notre approche du soupçon de régression. Nous n'invitons pas à abandonner ce que la science a établi. Nous invitons à le compléter. À côté de ce qui se mesure, il existe ce qui se vit, ce qui se ressent, ce qui se symbolise — et ces deux ordres de réalité ne s'opposent pas, ils se répondent.

Les sciences contemporaines elles-mêmes commencent à reconnaître cette texture du réel. Les neurosciences de la méditation et de l'expérience contemplative montrent que ces pratiques ne sont pas des distractions de l'esprit, mais des modes spécifiques de connaissance, qui engagent des circuits neuronaux distincts et modifient durablement notre rapport au monde. La phénoménologie, depuis Husserl et Merleau-Ponty, soutient la même chose dans un autre langage : il n'y a pas de connaissance qui ne soit aussi une participation.

LE TAROT COMME LANGAGE

Une fois ce cadre posé, tout devient plus simple.

Le Tarot Transrationnel est un alphabet de la conscience. Vingt-deux arcanes majeurs, autant de figures archétypales : Le Bateleur, le commencement ; La Papesse, le savoir intérieur ; L'Empereur, la fondation ; L'Hermite, la sagesse ; La Force, le courage ; Le Pendu, le retournement ; Le Monde, l'accomplissement. Et entre eux, tous les autres — qui dessinent ensemble la carte des forces qui traversent une vie humaine.

Ces archétypes ne sont pas des concepts inventés. Ce sont des figures que toutes les traditions humaines ont représentées, sous des noms et des visages différents : le héros, la mère, le sage, le rebelle, l'ombre. Jung en a fait la matière même de sa psychologie des profondeurs ; mais avant lui, les contes, les mythes, les religions, les épopées les avaient déjà mis en scène. Le tarot ne les invente pas. Il les rassemble.

C'est pourquoi, quand vous tirez une carte, vous ne consultez pas un oracle. Vous activez un miroir. L'image — et surtout la rencontre avec elle — vous renvoie à une force, un désir, une transformation qui était déjà présente en vous, mais que vous n'aviez pas encore mise en mots. Le tarot ne vous apprend rien que vous ne sachiez déjà. Il vous donne le langage pour le savoir autrement.

Le mythe mobilise. Le symbole relie.

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LES NOMBRES, LES IMAGES, LES ÉLÉMENTS

Trois niveaux de lecture s'entrelacent dans notre approche.

L'image parle à l'intuition. Un personnage, un geste, un regard, une couleur — chaque détail compte et résonne en nous comme une parole muette. C'est l'archétype sous sa forme visible, celle que Jung a réhabilitée pour la psychologie moderne.

Le nombre parle à la structure. Chaque arcane porte un nombre, et ce nombre n'est pas une simple étiquette d'ordre : il est lui-même un archétype. La tradition pythagoricienne, l'arithmologie platonicienne, la kabbale hébraïque — toutes ont su que le nombre est d'abord une qualité avant d'être une quantité. C'est cette dimension, oubliée par la modernité et restaurée notamment par les travaux de Kris Hadar, qui permet au tarot de lire les architectures invisibles d'une vie : les correspondances, les cycles, les résonances entre une date, un lieu, un parcours.

Les cinq éléments — Terre, Eau, Feu, Air, Éther — offrent une cartographie. Ils situent ce qui se joue à chaque instant : la sensation dans la Terre, l'émotion dans l'Eau, l'action dans le Feu, la pensée dans l'Air, l'esprit dans l'Éther. Sur cette grille s'inscrivent les tirages, mais aussi les saisons d'une vie.

Ensemble — image, nombre, élément — ces trois niveaux font du tarot non pas un jeu de hasard, mais une grammaire du psychisme.

UNE LIGNÉE INTELLECTUELLE

Le Tarot Transrationnel ne sort pas de nulle part. Il s'inscrit dans une lignée précise, qu'il faut nommer pour l'honorer.

De Carl Gustav Jung, il hérite les archétypes et l'inconscient collectif — sans lesquels parler du tarot resterait folklorique.

D'Émile Durkheim, il retient que le symbole n'est jamais purement individuel : il est aussi un fait social, une conscience collective qui nous traverse.

D'Alejandro Jodorowsky et Marianne Costa, il apprend la lecture du Tarot de Marseille à la fois poétique et rigoureuse, attentive aux détails de l'image autant qu'à leur résonance intime.

De Kris Hadar, il reçoit la restauration du tarot par la logique du nombre, et notamment l'art de lire une date de naissance comme une cartographie symbolique.

De Ken Wilber, il emprunte le cadre transrationnel lui-même — cette manière d'articuler la raison et le symbolique sans les opposer.

Le Tarot Transrationnel emprunte à chacun de ces auteurs sans appartenir à aucun. Il est une synthèse empirique, née de trente-six années de pratique, au service de la relation d'aide.

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CE QUE LE TAROT TRANSRATIONNEL N'EST PAS

Pour finir de poser le cadre, il est utile de dire ce que cette approche n'est pas. Par respect pour le sérieux de l'outil, et pour la confiance de ceux qui s'y engagent.

Ce n'est pas de la voyance. Nous ne prédisons pas l'avenir. Nous éclairons la conscience qui le crée.

Ce n'est pas une religion, ni une croyance. Vous n'avez à adhérer à rien d'autre qu'à votre propre expérience. La méthode est dépouillée de dogmes et de rituels.

Ce n'est pas un substitut à un suivi médical ou psychiatrique. Le Tarot Transrationnel est un outil de connaissance de soi et d'accompagnement. Il complète, il ne remplace pas. Pour les situations cliniques, nous orientons sans hésiter vers des professionnels compétents.

Ce n'est pas une réponse à tout. Le tarot ne résout pas vos problèmes à votre place. Il vous donne un langage pour les regarder autrement, et un cadre pour décider mieux.

Il ne s'agit pas d'y croire. Il s'agit de s'en servir.

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